On oublie trop souvent qu’un site — e-commerce, site vitrine ou autre — vit, et que sa création n’est que la première étape d’un cycle qui va durer des années.

Sa maintenance et son évolution, c’est la partie immergée de l’iceberg, même si elle ne nécessite pas toujours autant de ressources que la création du site en lui-même, il ne faut jamais oublier de la planifier — notamment financièrement.

Pour filer la métaphore, de la même manière que la partie immergée d’un iceberg est un piège pour les marins, la maintenance d’un site apporte son lot de dangers qu’il faut apprendre à reconnaître et éviter. C’est ce que nous allons voir ensemble !

Maintenance d’un site web : késako

Après des mois vous venez enfin de lancer votre site. Vous sortez le champagne — vous l’avez bien mérité — et vous vous préparez à vous détendre quand votre développeur ou votre prestataire vous appelle pour parler maintenance et évolution.

“Maitequoi?” vous vous étouffez avec votre champagne. Qu’est-ce que c’est encore que cette histoire ?

Tout projet technique comporte des bugs, pas forcément toujours visible lors de la phase de création. Un formulaire qui se comporte mal avec certaines chaînes de caractères, un processus de paiement qui n’arrive pas au bout avec une banque spécifique, ou des traductions qui s’affichent mal sur une page un peu cachée.

Régler ces différends bugs est de la maintenance dite corrective. Et même avec les meilleurs développeurs et les meilleurs tests, il restera toujours des bugs à régler !

De l’autre côté on a la maintenance dite évolutive. Il s’agit d’apporter des modifications à votre projet : ajouter des fonctionnalités, en retirer, modifier la structure du site, ajouter un champ à un formulaire, revoir la version mobile, etc.

Ces évolutions ne sortent pas de votre chapeau, pour définir les chantiers on va continuellement analyser le comportement de nos utilisateurs, c’est ce qu’on appelle vulgairement auditer.

Maintenance d’un site web : quels audits réaliser ?

Il est évident qu’on ne se lance pas à corps perdu dans la maintenance de son site internet. Pour les corrections comme les évolutions, on cherche d’abord à savoir quelles sont les parties et aspects du site qui doivent être mis à jour et comment. Faire la liste de tout ce qui peut ou doit être amélioré et optimisé, c’est l’objectif final des audits.

Audit UX

L'expérience utilisateur est primordiale, vous aurez beau avoir le meilleur contenu du monde ou les offres les plus intéressantes pour votre cible, si l’ergonomie n’est pas au rendez-vous, vous perdrez l’attention voire l’intérêt des visiteurs.  

L’audit UX consiste à analyser le parcours de ces derniers sur le site afin de comprendre :  

  • comment les utilisateurs interagissent avec le site ;  
  • quels sont les points de friction (ces derniers réduisent le taux de conversion) ;  
  • quelles pages les intéressent le plus (et pourquoi).  

Le taux de conversion est un des KPI les plus pertinents mais ce n’est pas le seul, le taux de clic (CTR), le taux de rebond et les moyennes de temps de consultation pour chaque page sont également déterminants.

Grâce à ces métriques, vous pourrez savoir quels éléments peuvent être révisés pour améliorer l’acquisition et la conversion. Par exemple, une navigation complexe ou des appels à l’action (CTA) peu clairs. Des outils comme Google Analytics, Hotjar ou Crazy Egg sont souvent utilisés pour réaliser cet audit.

Audit SEO

Ici, il s’agit de focaliser votre attention sur la visibilité du site sur les moteurs de recherche, principalement Google, indépendamment de toute promotion publicitaire. On appelle ça le référencement naturel.

Ainsi, l’audit SEO comprend essentiellement :  

  • l'analyse des mots-clés qui sont l’objet d’un article, d’une page, d’une vidéo ou de tout autre contenu avec du langage ;
  • la qualité du contenu ;
  • la structure du site.  

Dit plus simplement, l’enjeu de cet audit est de surveiller les performances SEO pour s’assurer que le site se classe bien sur les résultats de recherche.  

Des outils comme Google Search Console, SEMrush, ou Ahrefs existent pour vous aider à identifier les points à améliorer en vous fournissant des analyses clé-en-main avec des métriques essentielles.  

L’audit SEO a une autre mission : vérifier la conformité de vos contenus avec les meilleures pratiques SEO actuelles, en fonction de l’évolution plus ou moins transparente des règles explicites et implicites de Google. On a ainsi par exemple :  

  • les balises méta ;  
  • le temps de chargement des pages ,  
  • la pertinence du contenu car il doit être utile pour les utilisateurs.

Audit technique

L’audit technique coïncide partiellement avec l’audit SEO car les deux thèmes sont très liés. D’ailleurs, UX et technique ne sont pas sans lien non plus.

Tout est dans le nom ! Dans cet audit, vous vous concentrez sur les aspects plus techniques du site :  

  • les performances (vitesse de chargement, compatibilité avec appareils mobiles selon le CMS);  
  • les bugs et erreurs ;
  • la sécurité (des accès, des données) ;  
  • efficacité de l'infrastructure d’hébergement (configuration serveur).  

Des solutions telles que Google PageSpeed Insights, GTmetrix, et Sucuri peuvent être utilisées ici. Également, d’autres outils comme Sentry permettent de suivre en direct les différentes erreurs sur votre site et votre API, et de disposer d’informations complètes permettant une résolution rapide.

Audit DA/branding

Dans cet audit, vous examinez la cohérence de l’identité visuelle (DA=Direction Artistique) et le respect de la stratégie de marque sur le site web.  

L’idée est de bien vérifier que tous les éléments graphiques et le contenu des messages reflètent fidèlement l’image de marque de l’entreprise. En effet, sans une image cohérente et harmonieuse, l’UX devient désagréable et l’utilisateur risque fort de quitter votre site.  

L’audit DA/branding porte sur votre site mais aussi sur tout ce qui est communiqué sur les autres canaux de communication, à savoir les réseaux sociaux et éventuellement les médias hors-ligne (flyers, annonces presse/radio/télévision). Vous passerez ainsi en revue :  

  • les visuels ;
  • les logos et pictogrammes ;
  • les bannières ;
  • les polices ;
  • la charte graphique (les couleurs) ;
  • les messages.
Audits maintenance site web

Comment planifier et maintenir un site web ?

Définir un calendrier de maintenance  

Commençons par la planification au sens premier du terme : le calendrier avec des maintenances à intervalles réguliers. Mais il n'y a pas que des sessions de maintenance à prévoir, il faut aussi réserver des dates pour des audits. Et oui, ce sont des tâches à effectuer périodiquement car tout dans un site est en constante évolution : des mises à jour techniques jusqu’à vos politiques de publication de contenu en passant par les changements dans la réglementation en vigueur.

Cependant, cela ne veut pas dire que vous devez auditer tout votre site toutes les semaines non plus ! Non, selon leur nature, les correctifs et les vérifications ne suivent pas les mêmes intervalles. À titre d’exemples, l’UX peut être vérifiée trois à quatre fois par an, le SEO à chaque Google Search’s Core Update, le branding une à deux fois par an, etc.

Les maintenances, correctifs et audits ayant trait à la cybersécurité doivent bien évidemment être effectués avec la plus grande réactivité, en plus des actions menées très régulièrement.

Enfin, il n’y a pas que les maintenances visant à corriger ce qui ne fonctionne pas, il y a aussi les maintenances dites évolutives pour augmenter les possibilités d’interaction de l’utilisateur avec le site en y ajoutant de nouvelles fonctionnalités (barre de recherche, chatbot, etc.)

Analyser les coûts de maintenance (corrective et évolutive) pour le budget

Pour une analyse efficace et pertinente des coûts il faut une fois encore faire une distinction entre :  

  • maintenances correctives : réparation des bugs, mises à jour de sécurité ;  
  • et maintenances évolutives : ajout de nouvelles fonctionnalités, améliorations de l’interface utilisateur (UI).  

Pourquoi cette distinction est-elle importante ? Et bien tout simplement parce que les premières sont pour la plupart fréquentes mais assez peu coûteuses tandis que les secondes sont plus rares mais impliquent en contrepartie beaucoup de ressources.

Dans une optique assez similaire, une budgétisation efficace tient compte des coûts récurrents (abonnements aux outils de surveillance, hébergement) et des coûts ponctuels (refonte partielle, ajout de modules).

Assurer une veille technologique continue

Cela peut sembler parfois tellement évident qu’on en oublie de le faire. Si vous le faites déjà parce que c’est l’un de vos centres d’intérêt, tant mieux, continuez à le faire. Et si vous outsourcé cette partie, alors choisissez le bon prestataire qui saura assurer cette veille pour vous !

En effet, il est important de se tenir informé des dernières tendances et innovations technologiques. Cela permet d’intégrer des améliorations adaptées à votre site, à votre budget et à vos objectifs d’entreprise mais aussi de maintenir le site à jour avec les standards actuels. Un site obsolète, que ce soit par une dette technique ou en termes de design, ça se remarque très vite même par un utilisateur lambda. Qui plus est la veille vous aide sur le volet de la cybersécurité car vous serez au courant de nouvelles menaces et serez ainsi à même de prendre les mesures qui s’imposent pour protéger votre site internet.  

La veille technologique peut passer par plusieurs actions :  

  • suivre des blogs spécialisés ;  
  • participer à des conférences ;  
  • utiliser des outils de veille.

Prendre en compte les retours des utilisateurs

Les retours des utilisateurs représentent une véritable mine d’informations pour savoir comment mettre à jour et améliorer un site. C’est pour eux que votre site est conçu, que ce soit pour apporter des réponses sur un sujet où vous êtes expert, ou que ce soit pour leur faciliter leur parcours d’achat, ou les deux à la fois.

Vous avez donc tout intérêt à tenir compte de leur feedback. Néanmoins, les avis des visiteurs, s’ils méritent toujours considération semblent parfois contradictoires, sans oublier le fait que ceux qui s’expriment ne sont pas nécessairement représentatifs de l’ensemble des visiteurs.

Par conséquent, un peu de méthode s’impose. Lisez les avis des sections commentaires, les éventuels e-mails ou encore les publications sur vos réseaux sociaux. Cela vous donnera une image globale des pistes d’améliorations qui reviennent le plus souvent.  

Or, comme dit précédemment, ce n’est pas forcément très représentatif, du fait des phénomènes de majorité silencieuse et de minorités vocales. C’est pourquoi il peut être pertinent, en fonction de votre site, de mettre en place des outils spécifiques à combiner dans un outil de gestion de tâches, comme :  

  • Des chabots simples pour rapidement avoir des retours,
  • Un système de roadmap et votes sur features (pour un SaaS plus complexe),
  • Etc...

Votre but ? Enquêtez toujours plus, en n'hésitant pas à passer par les questionnaires de satisfaction et aussi les KPI pertinents déjà évoqués un peu plus haut pour les audits.

Il ne vous reste alors qu’à dégager des tendances pour établir un ordre de priorité des améliorations à apporter.

Les pièges à éviter dans la maintenance d’un site internet

Négliger les mises à jour et les sauvegardes

C’est l’un des principes fondateurs de la cybersécurité :  les mises à jour corrigent les failles de sécurité et protègent contre les cyberattaques. En effet, les développeurs repèrent une faille (ou sont avertis de son existence) puis ils conçoivent une solution qui prend la forme d’un correctif (ou patch) que vous n’avez qu’à télécharger et implémenter.

Si vous ne le faites pas, la faille de sécurité reste exploitable et le site devient une cible facile pour les cybercriminels. De même, si vous ne sauvegardez pas assez souvent, alors en cas de panne ou d'attaque, vous vous exposez à des pertes de données irréversibles.

Pour les mises à jour, il n’est pas toujours possible de les faire de manière automatique alors il faudra parfois, même si ça devient rare, s'assurer que toutes les composantes du site (CMS, plugins, thèmes) sont toujours à jour. Dans tous les cas, deux précautions valent mieux qu’une, alors vérifiez le plus souvent possible que les mises à jour, même automatiques, ont bien été faites.

En ce qui concerne les sauvegardes, il est primordial d’avoir une stratégie de sauvegarde régulière (à minima 1 fois par jour), bien rodée et testée. Car si rien ne fonctionne le jour où vous en avez besoin, la panique va vite s’installer !

Sous-estimer les besoins en maintenance

Si lors de votre planification vous avez sous-évalué la fréquence et l'ampleur des maintenances, alors le bon fonctionnement du site peut sévèrement en pâtir :  

  • dégradations rapides et significatives des performances ;  
  • problèmes de compatibilité, surtout si vous n’avez pas un CMS headless ;  
  • failles de sécurité nombreuses.  

On n’insistera jamais assez sur le fait que la maintenance d’un site internet ne se limite pas à une correction des erreurs de temps en temps : c’est aussi un effort régulier et continu.  

Lésiner sur les infrastructures d’hébergement

Les serveurs qui hébergent vos sites et vos données sont l’équivalent virtuel de vos locaux d’entreprise. Opter pour un hébergement à bas coût, c’est un peu comme si vous installiez vos bureaux, ateliers, archives d’entreprise dans un vieil immeuble des années 70 : cela peut fonctionner très bien mais c’est aussi courir les risques d’avoir une mauvaise isolation, des pièces mal éclairées et surtout des serrures faciles à crocheter, le tout avec un propriétaire habitant très loin et peu enclin à vous aider en cas de problème.

Dans un monde où les entreprises se numérisent, il est très déraisonnable de lésiner sur vos infrastructures d’hébergement.  

Pièges en maintenance site web

En fin de compte, la préparation et l’implémentation d’une politique de maintenance d’un site web sont loin d’être des tâches insurmontables une fois qu’on a pris conscience des enjeux associés. Rigueur et régularité dans les audits et les mises à jour sont les maîtres-mots à ne jamais oublier ; Heureusement, il existe des solutions clés-en-main, comme Webflow, pour nous faciliter la tâche !

Pour vos projets de refonte de site web ou d’appli, mais aussi pour toute la partie sécurité du produit ou encore le conseil et l’audit, Lonestone met son expertise et son savoir-faire à votre service. Pour une solution et une prestation sur mesure, découvrez Lonestone !

À retenir : Assurer la maintenance de son site web

Comment accéder à un site en maintenance ?

Cela dépend de votre CMS mais le principe général est de renseigner votre adresse IP dans la page de configuration de la page de maintenance (accessible avec un profil administrateur). C'est par cet accès au back-office que vous pourrez éditer vos contenus ou apporter d'autres modifications. Côté visiteur (front-end), un message de maintenance sera affiché ou si vous n'en avez pas configuré une erreur 503.

Comment facturer l'entretien d'un site web ? Tarif au forfait ou à l'acte ?

Dans la très grande majorité des cas, il s'agira d'un forfait au mois ou à l'année. L'idée est que cela coûte moins cher à l'entreprise cliente que d'ouvrir un poste dédié à cette tâche. Le prix varie selon la taille du site mais aussi sa portée. Ainsi la maintenance d'un site web personnel ou de portfolio coûtera quelques centaines d'euros par an tandis qu'à l'autre bout du spectre, pour un grand site d'e-commerce, on parlera d’un tarif plus conséquent et adapté.  

Qui entretient un site web ?

L'entretien d'un site web est généralement assuré par des développeurs web, des administrateurs de site (webmasters), ou des agences spécialisées. Ils s'occupent des mises à jour, de la sécurité, et des améliorations continues. À moins d'avoir de bonnes bases en développement et un site très léger, il est déconseillé de s'occuper soi-même de la maintenance de son site. Confiez-la à quelqu'un de qualifié, en interne ou en externe.